L’Absent

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Cela fait à peu près trois ans qu’Alfonso CAYCEDO est soustrait de la mémoire et de la pensée des sophrologues et de ceux qui ont pu être intéressés par son travail.

Dernièrement, actualité non sans importance, Natalia CAYCEDO a édité un émouvant panégyrique en hommage à son père. Elle annonce en même temps sa prise en mains de la direction de SOFROCAY, méthode de sophrologie sous titre privé andorran depuis 1988. Les sophrologues et les sympathisants ne peuvent accueillir cette nouvelle qu’avec intérêt et sympathie étant donné que Natalia CAYCEDO se reconnait et s’intitule comme principale collaboratrice de son père dans la formation dite de sophrologie caycédienne.

Tout en appréciant cette disposition, il est regrettable de constater que demeurent les vieux anathèmes qui avaient apparemment disparus dès la fin de l’espèce de « guéguerre » qui a sévit trop longtemps. Ce n’est pas en émettant des critiques et en négativant le RNCP que l’on peut faire avancer les choses.

Je peux légitimement prétendre moi-même avoir vécu pleinement les liens privilégiés qui se sont créés entre Alfonso CAYCEDO et moi à l’aube de la sophrologie. Une prise de distance professionnelle et conceptuelle n’est pas pour autant génératrice d’un oubli négatif ou d’un gommage. En libérant le sujet d’une aliénation néfaste, à tous points de vue un travail de deuil est fécond et permet au contraire de progresser sans blocages dans la recherche.

C’est la raison pour laquelle, en tant qu’ancien « général en chef » comme le disait Alfonso CAYCEDO au temps de notre gloire commune, j’espère un mot, un signe, une attitude, sans avoir l’outrecuidance d’atteindre au respect de la vie privée. C’est dans ce lien existant et persistant que l’on peut trouver la paix de l’âme et du cœur mais certainement pas dans l’oubli, l’indifférence et la disparition qui sont de l’ordre de l’abandon et de la fuite.

Comme créateurs et comme chefs d’Écoles, malgré nos divergences, et même en raison de nos divergences, à cause des progrès intellectuels dont nous avons bénéficiés l’un et l’autre, je considère Alfonso CAYCEDO comme un homme public, dans le sens d’un homme méritant une reconnaissance et un hommage particuliers. Nous sommes en effet responsables devant nos élèves et nos confrères de nos actions et des traces que nous laissons et que nous laisserons quoi qu’il arrive.

C’est la raison pour laquelle tout simplement je me permets de solliciter avec humilité et bienveillance un geste, qui pourra, non pas satisfaire une curiosité inacceptable, mais apporter un apaisement et supprimer un doute qui engage une part de la sophrologie, dont je n’entends pas douter de l’avenir.

L’Absence est insupportable !